mardi 8 juin 2010.
Chiffres généraux de la création et reprise d’entreprises en Lorraine en 2009. Réalisé par la direction régionale de l’INSEE et 3i Lorraine, avec le soutien de la Région Lorraine.
L’année 2009 est une année hors norme dans l’histoire de la création d’entreprises. La mise en place du nouveau dispositif d’auto-entrepreneur porte la création d’entreprises à un niveau encore jamais atteint. Cet engouement semble conforter les différents sondages faisant état de l’envie des Français de monter leur propre affaire et de leur potentiel entrepreneurial. Il traduit vraisemblablement aussi la difficulté de trouver un emploi salarié dans un contexte économique difficile.
Devenir entrepreneur par le biais d’une simple inscription sur internet ? La réalité est sans doute plus complexe. Les premières informations fournies par l’ACOSS montrent bien le hiatus entre un passage à l’acte rendu anodin par le nouveau dispositif et la consistance économique des projets. En janvier 2010, parmi les auto-entrepreneurs inscrits avant le 1er octobre 2009, seulement 35 % ont déclaré un chiffre d’affaires, pour un montant moyen de 3 700 euros par trimestre. Cette proportion devrait toutefois augmenter compte tenu de la montée en charge progressive des projets engagés.
L’auto-entrepreneuriat répond à des situations très diversifiées : porteur de projet souhaitant tester son idée avant de s’engager dans une forme plus classique d’entreprise, retraité désirant continuer d’exercer une activité en indépendant, salarié améliorant ses revenus par une activité complémentaire, chômeur ou inactif tentant sa chance dans des projets nouveaux. Pris sous cet angle, l’auto-entrepreneuriat joue son rôle de levier dans l’émergence des potentiels.
L’auto-entrepreneuriat est adopté aussi par une multitude de personnes exerçant des activités en marge du monde économique, dans le domaine de la création artistique et des métiers du spectacle par exemple, pour se doter d’un cadre et d’un statut. Il peut également inciter des travailleurs “au noir” à légaliser leur activité et bénéficier ainsi d’une couverture sociale minimale.
Le succès de ce nouveau régime s’ajoute à la crise économique pour faire reculer la création d’entreprises sous ses formes traditionnelles, société ou entreprise individuelle. Mais cet effet pourrait être atténué ultérieurement par un retour au statut classique dans un contexte plus favorable ou dès le démarrage de l’activité assuré. Ce succès a également réduit l’apport de la création d’entreprises à l’emploi salarié, remplacé en partie par les emplois non salariés des autoentrepreneurs.
Enfin, le dispositif d’auto-entrepreneur pourrait provoquer certains effets pervers : concurrence jugée parfois déloyale, manque de qualifications pour certaines activités ou encore risque pour les salariés d’être contraints par leurs employeurs à adopter ce statut.
En 2010, le régime d’auto-entrepreneur continue de doper la création d’entreprises. Seul le suivi dans le temps des nouveaux inscrits et de leur réalité économique permettra de tirer réellement un bilan de son apport à l’économie lorraine.
Jean-Paul FRANÇOIS, Directeur Régional de l’Insee Lorraine
Jean-François LAIBE, Président de 3i Lorraine
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